COVID-19 : Présence du variant sud-africain à Mayotte : ce que l’on sait

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Variant sud africain
Suite aux prélèvements adressés par l’ARS à l’Institut Pasteur de Paris, un premier porteur du variant 501.V2 (variant sud-africain) du virus SARS-CoV-2 a été détecté à Mayotte le 15 janvier.
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Depuis, trois autres porteurs du variant ont été identifiés à partir de prélèvements effectués sur le territoire. Les personnes concernées  ont vraisemblablement contracté le virus lors d’un voyage récent dans l’Océan Indien.

 

Les virus évoluent constamment par mutations de leur génome, c’est pourquoi l’apparition de variants du SARS-CoV-2 (le virus responsable du COVID-19) n’est pas un phénomène inattendu. Ainsi, au cours des derniers mois, une diversification du SARS-CoV-2 a été observée dans le monde entier.

Certaines mutations, isolées ou combinées, peuvent conférer un avantage sélectif au virus : par exemple, par l’augmentation de la transmissibilité du virus ou de sa capacité à échapper à la réponse immunitaire chez une personne ayant été déjà infectée ou vaccinée contre le COVID-19. Dans de tels cas, ces variants peuvent avoir un risque accru pour la santé humaine et sont considérés comme à surveiller. C’est le cas de deux nouveaux variants récemment identifiés : VOC 202012/01 (au Royaume-Uni) et 501Y.V2 (en Afrique du Sud), dont la transmissibilité est accrue.

Les variantes de la Covid qui circulent aujourd'hui dans le monde entier doivent nous conduire à renforcer notre vigilance. Pourquoi ? Parce que s'il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas encore, nous savons que plusieurs d'entre eux sont beaucoup plus contagieux. Qu'est-ce que cela veut dire ? Que par exemple, là où nous avions deux personnes malades auparavant au sein d'un foyer, ce sera probablement plus demain. Pour éviter que les variantes ne se propagent trop vite, et nous laisser le temps de vacciner les plus fragiles, nous devons tout faire pour freiner la propagation de ces variantes. C'est une course contre la montre que nous avons engagée.

En Afrique du Sud, le gouvernement a signalé le 18 décembre 2020 l’émergence d’un variant désigné 501Y.V2. Ce variant aurait émergé au cours du mois d’août 2020, indépendamment du variant VOC 202012/01 (Royaume-Uni) et représente la majorité (90%) des virus séquencés en Afrique du Sud depuis mi-novembre. Le variant sud-africain est également définie par des mutations des gènes codant pour la protéine S mais ne génère pas la même discordance que la variante UK sur la protéine S lors de l’utilisation du test RT-PCR

Des travaux préliminaires suggèrent que ce variant serait associé à une charge virale et une transmissibilité plus élevées. Il toucherait davantage les jeunes qui développent le plus souvent une forme bénigne de la maladie mais aussi, logiquement, plus de personnes âgées et déjà malades, au risque de développer des formes graves voire fatales de la COVID-19. L’OMS ne dispose pas actuellement de suffisamment d'informations pour déterminer si cette variante est associée à une modification de la gravité de la maladie clinique, de la réponse des anticorps ou de l'efficacité du vaccin, mais des recherches complémentaires sont en cours.

Sans attendre les résultats, l’ARS a mis tout en œuvre pour s’assurer que ces personnes respectent l’isolement afin de stopper les chaînes de contamination ; la famille proche et l’entourage ont également été dépistés. Actuellement, les investigations continuent pour identifier l’ensemble des cas contacts.

La prévisible accélération de l’épidémie nécessite donc une vigilance accrue et un respect renforcé des mesures d’isolement en cas de symptômes ou de cas de COVID-19 dans l’entourage, d’où l’importance de se faire dépister au moindre signe ou en cas de doute !