La malnutrition infantile, un axe de santé prioritaire à Mayotte

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Si l’on parle souvent des dangers de la malnutrition par excès – comme le diabète, l’obésité ou les accidents vasculaires cérébraux – la malnutrition par carence (ou encore la dénutrition) est un sujet que l’on aborde moins, bien qu’il représente un enjeu de santé publique majeur sur le territoire.
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A l’occasion de la première édition de la semaine nationale sur la dénutrition (du 12 au 19 novembre), initiée dans le cadre du Programme National Nutrition et Santé 4, les acteurs de terrain, professionnels de santé et associations, sont allés à la rencontre des mahorais pour les sensibiliser à cette maladie et les informer du dispositif mise en place à Mayotte, notamment pour protéger les enfants.

La dénutrition résulte d'apports nutritionnels insuffisants en regard des dépenses énergétiques de l'organisme et/ou des besoins en micronutriments (vitamines et minéraux). Elle peut être chronique, modérée, sévère ou aigüe, et peut entraîner des complications majeures. Lorsqu’elle touche l’enfant (on parle de malnutrition infantile), les conséquences sont tant physiques (retard de croissance, maigreur), que psychomotrices et cognitives (retard du développement cérébral, handicaps, troubles comportementaux, trouble du développement psychosocial…). Dans ces stades les plus sévères, elle peut mettre en jeu le pronostic vital de l’enfant.

A Mayotte, les enfants sont parmi les plus touchés par la dénutrition. Depuis les années 1990, une succession d’études sur l’état de santé nutritionnel des enfants ont fait état de la persistance de formes modérées à sévères de dénutrition infantile aigüe ou chronique ; on estime que 5 à 10% des enfants de 0 à 59 mois souffrent de malnutrition. La persistance de ces cas s’explique principalement par une alimentation peu variée, par certains comportements des mères durant la grossesse et l’allaitement (aliments tabous et interdits alimentaires, sevrage trop précoce), à un contexte socio-économique parfois défavorable, mais aussi au poids des maladies hydriques et diarrhéiques qui favorisent la perte de poids et la déshydratation.

En 2018, un dispositif de prise en charge contre  la malnutrition aigüe a été déployé sur l’île avec l’aide de professionnels de santé et d’associations. L’objectif : systématiser le dépistage et proposer un parcours de soins : 

  • Les établissements de santé (CHM et PMI) dépistent les enfants atteints de malnutrition infantile selon le protocole en vigueur, orientent systématiquement les cas avérés à la Croix Rouge française (CRf), et s’assurent du suivi médical de l’enfant jusqu’à sa guérison.
  • La Croix Rouge française :
    • assure l’accompagnement individualisé des familles et effectue régulièrement des visites à domicile sur la période de prise en charge allant de 3 à 6 mois (suivi médical, allaitement, diversification alimentaire, alimentation…)
    • sensibilise collectivement les parents concernés à travers des ateliers de prévention et de lutte contre les malnutritions infantiles.

Initialement lancé sur la commune de Koungou, le dispositif est désormais opérationnel sur Petite Terre, Mamoudzou, et sur  la côte Ouest, avec pour objectif de couvrir l’ensemble du territoire d’ici 2022.

Le béribéri :

Provoquée par un déficit en vitamine B1 (ou thiamine), le béribéri est une autre forme de dénutrition qui affecte le territoire. Maladie grave et potentiellement mortelle pour les nourrissons, elle provoque une insuffisance cardiaque ainsi que des troubles neurologiques. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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