Foire aux questions : tout savoir sur le choléra à Mayotte

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Retrouvez ci-dessous toutes les informations en lien avec le choléra

Le choléra est une maladie causée par une bactérie appelée Vibrio cholerae

Cette maladie peut provoquer des diarrhées et vomissements, mais dans la majorité des cas, le choléra ne provoque pas de symptômes.

Attention : Il peut y avoir quelques cas très graves à cause de diarrhées très importantes qui, sans prise en charge rapide, provoquent une déshydratation et peuvent très rapidement conduire au décès

Cependant, le taux de mortalité de cette maladie est faible : des mesures d’hygiène simples permettent de s’en protéger et un traitement rapide adapté évite les complications.

Les bactéries sont présentes soit dans les selles (c’est-à-dire le caca) des personnes malades, soit dans l’environnement (notamment l’eau) qui a été contaminée par les selles d’une personne malade, qu’elle présente ou non des symptômes.

Pour attraper le choléra, il faut ingérer des bactéries (en buvant de l’eau contaminée par exemple) qui vont ensuite se loger dans le tube digestif.

Oui, cette maladie est contagieuse car on peut se transmettre les bactéries d’une personne à une autre ou via un environnement contaminé (eau, légumes etc.).

La transmission se fait surtout par les mains. Une personne malade va (suite à un passage aux toilettes en général) porter des bactéries sur les mains et les transmettre :

  • soit directement en touchant une autre personne (par exemple en portant ses mains à la bouche après avoir serré la main d’un personne malade)
  • soit indirectement en touchant un objet (poignée de porte, table, etc.) ou un aliment qui va être touché/mangé par la suite par une autre personne.

La contamination par l’environnement se fait en général en consommant de l’eau contaminée par les selles (c’est-à-dire le caca). L’utilisation d’eau contrôlée (eau du robinet ou en bouteille) permet de se protéger de ce type de contamination.

Exemples de schémas de contamination :

  • Une personne change la couche d’un enfant qui a le choléra, et elle ne se lave pas bien les mains. Elle fait ensuite la cuisine et touche les aliments avec ses mains porteuses de la bactérie. Elle peut alors contaminer les personnes qui mangeront le plat.
  • Un enfant a le choléra, il joue dehors et a soudain une forte diarrhée : il ne peut pas se retenir et va faire caca derrière des arbres. Le lendemain, il pleut et le caca s’écoule dans la terre. Il y a un puits un petit peu plus bas : le caca s’infiltre par la terre et la bactérie du choléra entre dans le puits. Les personnes qui boivent l’eau de ce puits ou qui s’en servent pour la cuisine peuvent alors attraper le choléra.

Le respect par tous d’une bonne hygiène des mains (en lavant régulièrement ses mains à l’eau et au savon et, idéalement, via l’usage régulier d’une solution hydroalcoolique) et la consommation d’eau potable permet d’éviter d’attraper et de diffuser de cette maladie.

Oui, le choléra se soigne, et il se soigne même très bien !

Les personnes contaminées peuvent bénéficier :

  • d’un traitement permettant d’éliminer la bactérie avec la prise d’antibiotique
  • d’un traitement permettant de réduire les risques de déshydratation

Dans plus de 80% des cas, le choléra ne provoque pas de symptômes.

Pour les cas symptomatiques (moins de 20% des cas), les principaux symptômes sont :

  • Diarrhées
  • Vomissements
  • Douleurs abdominales

  • Si je souffre de diarrhées et que moi ou quelqu’un de votre entourage revient des Comores ou d’Afrique continentale depuis moins de 10 jours

OU

  • Si je souffre de diarrhées aiguës et d’une déshydratation sévère
  • Si j’ai des diarrhées après avoir été en contact avec un cas suspect de choléra

 

1. Je m’isole du reste de mon foyer pour ne pas contaminer les membres de ma famille

  • Pensez également à désinfecter vos toilettes et à renforcer l’hygiène des mains au sein de votre foyer afin d’éviter de transmettre de la maladie à vos proches.

2.  Je m’hydrate avec de l’eau potable

  • Les complications graves sont causées par la déshydratation : il est donc important de bien s’hydrater lorsque l’on est malade afin de compenser les pertes causées par les diarrhées et les vomissements.

3. J’appelle immédiatement le 15.

  • Attention : Il est essentiel d’éviter de se rendre chez le médecin avant d’avoir eu l’avis du SAMU pour éviter de contaminer d’autres personnes.

Dans l’immense majorité des cas, le choléra ne tue pas.

Il peut y avoir quelques cas très graves à cause de diarrhées très importantes qui, sans prise en charge rapide, provoquent une déshydratation rapide, et peuvent aboutir au décès.

Les enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques sont plus vulnérables et sont donc plus à risque de complications graves.

L’ARS agit sur 2 axes :

1. Limiter l’introduction de la maladie sur le territoire en renforçant la veille sanitaire et le contrôle des personnes entrant sur le territoire. Cela passe par :

  • Le renforcement immédiat du contrôle sanitaire aux frontières (messages de sensibilisation et d’information, traçabilité des voyageurs et rappel systématique de ces derniers 48h après arrivée sur le territoire) ;
  • La diffusion d’un message d’alerte aux professionnels de santé et partenaires afin de leur donner la conduite à tenir ;
  • Le contrôle des personnes en situation irrégulière en transit par le centre d’évaluation sanitaire.

2. Répondre à toute apparition de la maladie sur le territoire en coordonnant la préparation des acteurs du système de santé à la fois au niveau hospitalier mais également au plus près des populations. Cela revient ainsi à :

  • Assurer une prise en charge rapide et sécurisée des cas suspects via le SAMU Centre 15 et la cellule « choléra » du Centre Hospitalier de Mayotte
  • Lorsqu’un cas est confirmé, mettre en place des actions permettant d’interrompre immédiatement une potentielle transmission de la bactérie et son implantation via :
    • Une investigation médicale et paramédicale permettant d’identifier les cas contacts et co-exposés ;
    • La délivrance des premiers traitements et la vaccination autour du cas à l’échelle communautaire ;
    • La désinfection du foyer du cas et des foyers avoisinants ou des zones communes si nécessaire
    • La conduite des analyses environnementales afin de rechercher une zone potentiellement contaminée (puits, rivière etc.)
    • La diffusion des recommandations sanitaires aux personnes du voisinage et la distribution de kits hygiène
    • Le renforcement de l’accès à l’eau potable.

Ces mesures permettent de réagir rapidement et efficacement en cas d’identification de cas sur notre territoire.

Un réseau de veille sanitaire nous permet de suivre les signaux apparaissant sur le territoire. Il repose sur des remontées de terrain permettant d’identifier au plus vite de potentiels cas.

L’ensemble du réseau de professionnels de santé et du réseau associatif sont impliqués pour permettre le repérage rapide des cas et suivre l’évolution de la maladie.

Oui, le système de santé de Mayotte dispose de toute les ressources nécessaires pour soigner les patients atteints de choléra même dans les cas les plus graves

Toutes les personnes répondant à la définition de cas suspect sont testées.

Vous êtes identifié comme cas suspect si :

  • Vous souffrez de diarrhées et vous ou quelqu’un de votre entourage revient des Comores ou d’Afrique continentale depuis moins de 10 jours

OU

  • Vous souffrez de diarrhées aiguës et d’une déshydratation sévère
  • Vous avez des diarrhées après avoir été en contact avec un cas suspect de choléra

À ce jour, la vaccination en population générale ne se justifie pas à Mayotte.

Sont à ce jour vaccinés :

  • Les personnes dites « de première ligne » : SAMU, soignants de l’unité « choléra » du CHM, ambulanciers, agents du CRA, agents de la LIC, agents de la STAR s’occupant du ramassage des déchets contaminés, associations et autres personnes amenées à intervenir autour des cas
  • Les communautés vivant à proximité d’un cas de choléra
  • Les personnes habitant dans les zones dites "vulnérables" identifiées par l'ARS, c’est-à-dire dans les zones présentant des facteurs de risque identifiés : promiscuité, recours aux eaux non contrôlées, etc.).