Étude EpiMay 2025 : focus sur la santé sexuelle à Mayotte

Communiqué de presse

En 2025, l’Agence régionale de Santé a reconduit, aux côtés de l’Observatoire régional de la santé (ORS)
de Mayotte et de l’URPS Infirmiers de l’Océan Indien, l’étude EpiMay. Cette enquête épidémiologique réalisée sur l’ensemble du territoire vise à dresser un état des lieux précis de la santé de la population mahoraise afin d’orienter les politiques publiques de prévention et de prise en charge.

Mieux connaître la santé des Mahorais pour mieux agir

Du 2 juin au 8 juillet 2025, l’étude EpiMay a été menée à Mayotte auprès de 1 000 ménages tirés au sort sur l’ensemble du territoire. Cette enquête, permet de mieux connaître l’état de santé de la population mahoraise et de renforcer les données disponibles en santé publique.

Une progression de la prévalence du VIH qui appelle à renforcer la prévention

Les résultats du volet sur la santé sexuelle mettent en évidence une augmentation préoccupante de la prévalence du VIH à Mayotte. Désormais cinq adultes sur 1 000 vivent avec le VIH, contre un adulte sur 1 000 en 2019.
Cette évolution s’accompagne d’un constat préoccupant : une part importante de la population ne connaît pas son statut sérologique ou pense, à tort, ne pas être concernée. Le dépistage précoce reste pourtant l’outil le plus efficace : il permet d’accéder rapidement à un traitement, d’améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH et de réduire fortement le risque de transmission.

Une mobilisation collective au service de la santé sexuelle

Afin de mieux coordonner les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge, le premier Comité régional de santé sexuelle (CoReSS) de Mayotte a été mis en place en 2025 avec l’accompagnement de l’ARS. Dans cette dynamique de renforcement de la coordination territoriale, le Comité opérationnel de lutte contre le VIH (COLVIHM) a été installé en 2026. Cet outil vise à faire le lien entre l’ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre le VIH, à décloisonner les interventions et à assurer un suivi partagé des actions de prévention, de dépistage et de prise en charge mises en œuvre sur le territoire, pour apporter une réponse plus adaptée aux enjeux du territoire.

Par ailleurs, la Semaine de la santé sexuelle, organisée début juin, a permis de dépister 273 personnes et de sensibiliser plus de 1 000 habitants autour de la contraception, du consentement, des infections sexuellement transmissibles et des troubles de la santé sexuelle. La Semaine du dépistage, organisée début décembre, a conduit à la réalisation de 1 615 TROD VIH, VHB et VHC sur 22 sites répartis sur l’ensemble du territoire. En complément, la plateforme de distribution de préservatifs portée par la Croix-Rouge française compte désormais près de 50 points de distribution, dont deux à l’aéroport. En 2025, 253 485 préservatifs masculins ont été mis gratuitement à disposition de la population.

La prévention du VIH et des IST : un réflexe quotidien

La protection de la santé face au VIH et aux autres infections sexuellement transmissibles repose sur des gestes simples :

  • L’utilisation d’un préservatif lors des rapports sexuels à risque ;
  • La réalisation régulière d’un dépistage ;
  • La consultation rapide d’un professionnel de santé en cas de rapports sexuels à risque ;
  • S’informer sur les outils de prévention disponibles, notamment la prophylaxie pré-exposition (PrEP).


Pour accompagner ces changements de comportements et pour permettre à chaque habitant d’accéder facilement à une information fiable et à un dépistage de proximité, l'ARS Mayotte déploie une offre de prévention structurée, au plus près de tous, à travers :

  • Le développement des antennes des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) à Mamoudzou et en Petite-Terre ;
  • L’ouverture, en octobre 2025, d’une nouvelle antenne de dépistage VIH, VHB et VHC dans les locaux de Santé Sud en Petite-Terre ;
  • Le déploiement des TROD en « aller-vers » grâce aux associations Santé Sud, Solidarité Mayotte, Popam et Nariké M’Sada ;
  • L’ouverture du dépistage dans les services de Protection maternelle et infantile (PMI) ;
  • La poursuite du dispositif « Au labo sans Ordo » pour les assurés sociaux ;
  • La formation annuelle d’environ 30 professionnels et acteurs de terrain aux TROD VIH, VHB et VHC ;
  • La ligne Mayotte Info Santé Sexuelle, financé par l’ARS et proposant une écoute anonyme et gratuite en français, shimaoré et kibushi

Trois priorités à retenir pour les mois à venir


Afin de répondre aux enseignements d’EpiMay, l’ARS Mayotte poursuit son plan d’action autour de trois priorités :

  • Promouvoir et faciliter le dépistage, notamment auprès des populations les plus exposées, grâce au développement des TROD et des actions d’ « aller-vers » ;
  • Améliorer la prise en charge des personnes vivant avec le VIH ;
  • Renforcer la promotion de la PrEP comme outil majeur de prévention.

À travers EpiMay, l’ARS de Mayotte réaffirme son engagement à produire en continu des données fiables permettant d’adapter les politiques de santé sur le territoire. En contribuant à l’étude, les mahorais participent directement à l’amélioration des connaissances sur la santé à Mayotte et à la mise en place d’actions en adéquation avec les réalités du territoire.